La nouvelle mobilité contre vents et marées…

par 14 Déc 2020

Marc Passani est le responsable de la flotte de Daher, groupe international basé à Marseille. Il a accepté de répondre à nos questions sur l’évolution de son métier et sa récente expérience avec l’application mobile Drivata.

Marc Passani a rejoint Daher en 1999 en tant que contrôleur de gestion. Il y a cinq ans il devient le directeur de la flotte du groupe avec une feuille de route ambitieuse : optimiser la gestion et les évolutions d’une flotte de 450 véhicules de fonction et 200 véhicules utilitaires avec des objectifs de réduire le taux d’accidentalité et les infractions, et de démarrer la transition énergétique.

Quelles ont été les grandes étapes de votre feuille de route ?

A mon arrivée, la flotte était gérée localement dans chaque BU et notre département RH faisait ce qu’il pouvait pour suivre les demandes et satisfaire les besoins de tout le monde… 

Le premier défi a été de simplifier le choix et la mise en service des véhicules en passant de 15  à 2 loueurs généralistes pour les VP (ALD et Athlon), et un loueur pour les utilitaires (Fraikin).

Ensuite, je me suis concentré sur le verdissement de la flotte en commençant par la catégorie qui représentait plus du tiers du parc, les véhicules de fonction. Nous avons fait le choix de véhicules hybrides provenant de marques atypiques comme Lexus et Toyota. Je peux vous dire que ce n’était pas évident dans une entreprise qui ne louait jusqu’alors que des véhicules français.

Nous avons ensuite uniformisé le niveau d’options des véhicules, quelle que soit la catégorie, pour améliorer la sécurité de nos collaborateurs . Nous avons requis que l’ensemble du parc soit équipé de freinage d’urgence, régulateur de vitesse, caméra de recul, détecteur d’obstacle et avertisseur d’angle mort.

Grâce aux efforts conjugués de notre direction, des constructeurs et des loueurs nous sommes parvenus à négocier un contrat de location qui offrait à tous nos collaborateurs un véhicule plus sûr. 

Ces investissements dans les options de sécurité combinés à l’introduction de modèles hybrides ont fini par payer sur le moyen terme puisque en plus des économies de carburant, nous avons pu renégocier notre contrat d’assurance avec une économie de 100K€ directement liée à la baisse du taux de sinistralité.

Les prochaines étapes sur ma feuille de route sont d’impliquer et motiver nos collaborateurs à réduire le TCO (total cost of ownership). 

Il faut savoir que 40% du coût total d’une flotte en entreprise est directement lié aux conducteurs, c’est donc en détectant leurs points forts et leurs points faibles, avec une solution comme Drivata, que nous pouvons encore réduire nos factures de carburant, d’assurance et de réparations.

Nous allons également étendre l’utilisation de la carte carburant (Total) à l’ensemble des conducteurs et accélérer notre transformation digitale en intégrant un nouveau logiciel de gestion de flotte.

A plus longue échéance, je m’intéresse au développement des véhicules autonomes qui sera l’aboutissement de la transformation du véhicule d’entreprise qui passera d’un symbole statutaire en simple outil de mobilité.

Quel est l’impact de la crise sanitaire actuelle sur votre feuille de route ?

 

Il y a trois ans, nous avons débuté un programme d’auto-partage sur deux sites (Paris et Laudun) avec une quinzaine de véhicules électriques et thermiques. Les retours étaient concluants puisque nous estimons, à service égal, les économies réalisées entre 20 et 25% sur les tarifs de location. La pandémie a complètement perturbé le programme : le contexte sanitaire a rendu les utilisateurs réticents au partage et la désinfection régulière des véhicules est devenue une nouvelle norme pour laquelle il a fallu s’organiser. En même temps, les loyers doivent être payés même si les véhicules ne tournent plus. Nous ferons un nouveau départ dès que la situation reviendra à la normale…

Quels sont vos retours d’expérience avec Drivata ?

 

Franchement, au départ j’étais un peu sceptique… Comment une application installée sur smartphone pouvait-elle restituer des données liées à la conduite sans connexion avec le véhicule… Et puis je suis curieux de nature et j’aime essayer de nouvelles solutions alors j’ai commencé par un test individuel puis déployé sur une partie de la flotte et les résultats sont arrivés. J’ai constaté qu’ils sont pertinents et fiables, surtout les scores associés au style de conduite et à la distraction au volant. En revanche, les données liées à l’éco-conduite si elles restent plus spécifiques et homogènes que celles remontées par les constructeurs, ont encore besoin de se caler sur la consommation réelle.

Paradoxalement, la facilité d’installation et d’utilisation à partir d’un smartphone peut devenir un frein à l’adoption pour certaines personnes… Le smartphone est toujours dans notre poche ce qui parfois donne l’impression d’être pisté en permanence pendant la période d’évaluation… Pour emporter l’adhésion du plus grand nombre, Drivata doit permettre à ses utilisateurs de mieux contrôler la collecte et le traitement de leurs données à caractère privé. Je suggère un rappel hebdomadaire des autorisations accordées avec la possibilité de confirmer ou changer la configuration… 

En résumé, c’est une solution vraiment innovante car économique et flexible. On peut l’utiliser selon les besoins sans avoir le fil à la patte d’un boîtier avec un abonnement longue durée.

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